Délégationde la Vienne

Oser la rencontre

en vue de la journée départementale du 15 octobre 2011

« S’engager, s’associer : des rencontres qui transforment ». Tel est le thème de la journée départementale du Secours Catholique de la Vienne, qui se tiendra le samedi 15 octobre à Fontaine-le-Comte. Dans la perspective du thème retenu pour cette journée départementale 2011 de la délégation de la Vienne, thème qui relie engagement, association et rencontres, comment ne pas évoquer en préalable d’autres rencontres qui parsèment la vie de chacun ?

Oser la rencontre

publié en mai 2012

Une occasion de revoir, de relire ces différentes rencontres, fortes ou ponctuelles, qui ont laissé des souvenirs, des interpellations, des perspectives…

Parmi les témoignages de personnes du Secours Catholique qui ont été affichés, sous forme de citations, sur les murs de la salle de réunion de la délégation, une phrase s’inscrit directement dans la perspective de la journée départementale 2011 : « Être pauvre, c’est n’avoir personne à qui parler qui ne soit pas payé pour cela. » Elle est à relier avec l’intervention d’un participant à l’issue des premiers Chemins d’Espérance : « Avant, je ne parlais à personne dans mon bourg et personne ne me parlait. Depuis que je suis rentré des Chemins d’Espérance, j’ai commencé à parler à mes voisins, aux commerçants… Tout le monde me répond et discute volontiers avec moi, c’est formidable. »

Du premier témoignage ressort la terrible solitude de celui qui est rejeté des circuits sociaux. Une situation liée à de multiples causes, mais où le chômage et l’enchaînement de la pauvreté qui s’ensuit arrivent en tête. Les personnes ainsi à l’écart n’ont guère d’interlocuteur à qui confier leurs soucis, leurs douleurs. D’un côté, elles n’osent pas la rencontre, redoutant d’être jugées, de l’autre, leur effacement fait qu’on ne les voit pas ou qu’on ne veut pas les voir. Quel choc pour une personne quand elle constate qu’on l’évite, qu’on change de trottoir quand elle arrive… Les bénévoles des différents accueils du Secours Catholique peuvent raconter bien des histoires à ce sujet. Le second témoignage met en évidence à quel point l’attitude de chacun peut modifier l’attitude de l’autre. Un simple bonjour à son voisin, quelques mots échangés avec d’autres promeneurs lors d’une ballade rendent l’ambiance plus légère, plus agréable. C’est un premier pas !

Ces brefs temps de convivialité peuvent se répéter tout au long de la journée, à la boulangerie, dans les transports en commun. Ou bien la peur de l’inconnu domine, et c’est le rejet ; ou bien l’autre est considéré comme un interlocuteur valable, comme quelqu’un avec qui l’on peut échanger et partager des joies simples : une belle journée ensoleillée par exemple ! De fil en aiguille, le bref peut déboucher sur de cordiales relations, sur des coups de main, sur l’amitié. À un moment où la peur de l’autre, le rejet de communautés tend à détruire le tissu social, reconnaître dans l’inconnu, l’isolé, le démuni une personne vivante à découvrir, avec qui échanger, partager, c’est marcher sur les pas de Jésus.

Parce que, tout au long de ses différents périples, la vie de Jésus est faite de rencontres, très diverses, du publicain à la Samaritaine, du jeune homme riche au lépreux, de l’orgueilleux au plus modeste. Même s’ils ne sont pas devant son regard, il les voit, comme cette femme qui touche son manteau. Son regard est un regard de vie, de dignité pour le plus pauvre, un regard qui donne confiance, un regard qui rend au rejeté son humanité, un regard qui offre l’espérance. Sur les pas de Jésus, comme cela est ressorti lors de Chemins d’Espérance, « transformons-nous, osons la rencontre ! ».

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